
Quand j’interviens dans les caves du Panier ou les arrière-cours de Noailles, la question revient toujours : pourquoi Marseille ? La cité phocéenne cumule des conditions que peu de villes françaises réunissent. Port maritime, climat doux, égouts centenaires et densité urbaine forment un cocktail explosif. Voici ce que mes années de terrain m’ont appris sur cette situation particulière.
Marseille et les rats : l’essentiel en 30 secondes
- La ville abriterait environ 1,5 million de rats selon les estimations municipales
- Le port, le climat méditerranéen, les égouts anciens et la densité urbaine créent des conditions idéales
- Les quartiers du Vieux-Port, du Panier et de Noailles sont les plus exposés
- Un couple de rats peut engendrer jusqu’à 5 000 descendants en un an
Marseille et les rats : un cocktail de facteurs explosif
Je ne vais pas vous mentir : Marseille n’est pas une ville comme les autres quand on parle de rongeurs. Dans mes interventions quotidiennes, je constate une réalité que les statistiques confirment. Selon une analyse de l’association Prosane relayée par France Bleu, les professionnels ont réalisé 2,5 à 3 fois plus d’interventions de dératisation en 2023-2024 par rapport aux années précédentes.
1,5 million
Estimation du nombre de rats vivant à Marseille selon la conseillère municipale en charge des nuisibles
Ce chiffre, avancé par Aïcha Guedjali dans une enquête relayée par MySweetimmo, donne le vertige. Ça représente environ 1,7 rat par habitant. Soyons clairs : le problème n’est pas nouveau, mais il s’intensifie. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas une question de propreté des Marseillais. C’est structurel.
Quand je compare avec mes interventions ponctuelles à Lyon ou Nice, la différence saute aux yeux. À Marseille, les conditions de prolifération sont réunies en permanence. Le climat ne gèle jamais vraiment, le port fait office de porte d’entrée continue, et le réseau souterrain offre un habitat quasi illimité.
Les 4 raisons qui font de Marseille un paradis pour les rongeurs
Franchement, si vous deviez retenir une chose, c’est ça : Marseille cumule quatre facteurs que peu de villes françaises réunissent simultanément. Quand vous cherchez un dératiseur à Marseille, cette combinaison explique pourquoi les interventions sont plus complexes qu’ailleurs.
Les 4 facteurs qui font de Marseille un cas à part
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Le Grand Port Maritime
Premier port français, il reçoit des milliers de conteneurs chaque semaine. Les rats voyagent avec les marchandises depuis des siècles. Cette porte d’entrée permanente renouvelle constamment les populations.
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Le climat méditerranéen
Les hivers doux permettent aux rats de se reproduire quasiment toute l’année. Dans le nord de la France, le froid ralentit le cycle reproductif. Pas ici.
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Le réseau d’égouts ancien
Des portions datent du XIXe siècle. Ces kilomètres de galeries offrent des centaines de connexions avec les immeubles du centre-ville. L’erreur que je rencontre le plus ? Sous-estimer ces accès souterrains.
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La densité urbaine et l’activité commerciale
Restaurants, marchés, poubelles : la nourriture abonde. La concentration humaine facilite l’accès aux ressources pour les colonies.

D’après les données biologiques sur la reproduction des rongeurs, un seul couple de rats peut engendrer pas moins de 5 000 descendants en un an. Avec les conditions marseillaises, cette capacité s’exprime pleinement. Un couple installé en mars dans une cave du Panier aura colonisé tout l’immeuble avant l’automne.
Ce que les rapports officiels ne disent pas : Dans mes interventions à Marseille, j’observe que les immeubles anciens du centre présentent souvent des connexions directes avec le réseau d’égouts datant du XIXe siècle. Si ces points d’entrée ne sont pas obturés, la réinfestation survient dans les 3 mois. Ce constat est limité à mon périmètre d’intervention marseillais et peut varier selon l’âge du bâtiment et la proximité des collecteurs principaux.
Quartiers à risque : où les rats s’installent-ils le plus ?

Selon une analyse de France 3 Régions, c’est le cœur de la ville et le quartier de Noailles qui concentreraient le plus de rats, ainsi que les bords de mer. Sur le terrain, je confirme cette observation.
Votre quartier est-il concerné ? Les zones les plus exposées cumulent généralement trois caractéristiques : bâti ancien (avant 1950), proximité de commerces alimentaires ou marchés, et accès au réseau d’assainissement non sécurisé. Le Vieux-Port, le Panier, Noailles, la Joliette et certains secteurs des quartiers Nord présentent ce profil.
J’ai accompagné une gérante de restaurant près de la Joliette l’année dernière. Son établissement proche des docks subissait des infestations récurrentes. Les rats remontaient par les canalisations malgré des traitements répétés. Le problème ? Une connexion directe avec le réseau portuaire que personne n’avait identifiée. Une fois les accès obturés et un protocole de surveillance mensuelle mis en place, la situation s’est stabilisée.
Si vous souhaitez comprendre les méthodes concrètes pour agir, ce guide pour éliminer les rats en ville détaille les étapes d’une intervention efficace.
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Premières remontées des égouts après l’hiver -
Pic de reproduction, chaleur méditerranéenne favorable -
Recherche de nourriture avant hiver, intrusions maximales -
Activité réduite mais présence dans les bâtiments chauffés
Vos questions sur la prolifération des rats à Marseille
Les rats de Marseille transmettent-ils des maladies ?
Oui. Selon l’Institut Pasteur, les rats sont les principaux réservoirs de la leptospirose, une maladie transmise par les urines des rongeurs. Cette pathologie est devenue à déclaration obligatoire en France depuis 2023. Les risques concernent surtout les personnes en contact avec des eaux souillées ou des environnements contaminés.
La mairie de Marseille agit-elle contre les rats ?
La Ville, la métropole Aix-Marseille-Provence et la SERAMM travaillent quotidiennement sur ce sujet. Des méthodes innovantes comme l’utilisation de furets ont été testées depuis 2022. Cependant, la dératisation des parties communes reste de la responsabilité des syndics, et les particuliers doivent s’adresser à un prestataire privé certifié.
Quand dois-je faire appel à un professionnel ?
Dès que vous observez des signes récurrents : excréments, bruits nocturnes dans les cloisons, traces de grignotage. Un rat aperçu en plein jour indique souvent une colonie établie. Pour les copropriétés du centre-ville, un diagnostic préventif annuel évite les infestations massives.
Les produits du commerce sont-ils efficaces ?
Rarement pour une infestation établie. Les raticides professionnels nécessitent une certification Certibiocide. Sans identifier les points d’entrée et les traiter, le problème reviendra. Pour les situations complexes, consultez ce protocole d’intervention contre les souris qui détaille les bonnes pratiques en habitat collectif.
Ce qu’il faut retenir avant d’agir
Marseille n’est pas plus sale que les autres grandes villes françaises. Elle cumule simplement des facteurs géographiques, climatiques et historiques qui favorisent la prolifération des rongeurs. Comprendre ces causes, c’est déjà mieux cibler les solutions.
Vos prochaines étapes si vous suspectez une présence de rats
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Identifier les signes : excréments, traces de passage, bruits nocturnes
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Alerter le syndic si vous êtes en copropriété (parties communes concernées)
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Contacter un professionnel certifié Certibiocide pour un diagnostic
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Ne pas manipuler de rongeurs morts sans protection
Précautions sanitaires et limites de cet article
- Cet article explique les causes de la prolifération mais ne remplace pas un diagnostic professionnel sur place
- Les quartiers mentionnés sont des zones à risque identifiées mais chaque situation est unique
- En cas de suspicion d’infestation, seul un technicien certifié peut évaluer l’ampleur du problème
Risques à connaître :
- Risque sanitaire si manipulation de rongeurs morts sans protection
- Risque d’aggravation si traitement amateur avec produits inadaptés
En cas de doute, contactez un dératiseur certifié Certibiocide ou les services municipaux d’hygiène de Marseille.